(modifié le 26 août 2017 à 0:39)

Cela fait depuis quelques années déjà que j'avais envie de vous parler de ce sujet : comment devenir administrateur systèmes et/ou réseaux?

cable-managmt

Je reviens sur mon parcours pour vous expliquer ce qui m'a amené dans l'informatique.

Je profite d'une excellente vidéo de John-John qui a réalisé une longue synthèse (3h20). Si vous voulez travailler dans l'informatique mais ne savez pas quelles aptitudes ou diplômes sont nécessaire cette vidéo est faite pour vous (la vidéo est chapitrée en description).

Si vous n'avez pas envie de passer 3h devant une vidéo sachez qu'une vidéo d'une heure, toujours de John-John, vous donnera quelques pistes :

Attention aux salaires annoncés, n'en tenez pas vraiment compte car ça peut varier du tout au tout. Généralement la presse a tendance à surévaluer les salaires...

Quel est mon parcours

Je ne vous ai jamais trop parlé de mon métier, alors c'est le moment. Je suis aujourd'hui sysNetAdmin, ou administrateur systèmes et réseaux depuis bientôt 10 ans.

Parcours scolaire

Pour y parvenir j'ai voulu m'intéresser à la partie hardware de nos machines et j'ai opté pour un Bac STI Génie Electronique (spécialisation dès la seconde). Tout n'était pas passionnant mais c'est grâce à ce bac que je peux bricoler du Raspberry, réparer des choses et surtout comprendre ce que fait l'ordinateur au bas niveau. Il m'est par exemple arrivé de remplacer un condensateur de moins d'un euro sur une carte RAID de plusieurs centaines d'euros dans un serveur, ça dépanne.

gpio-zoom

A la suite de ce bac STI j'ai décidé de me spécialiser un peu plus vers l'IT (informatique), car l'électronique et l'IT sont certes très proches mais deux métiers totalement différents. J'ai toujours été passionné par le fonctionnement logiciel des machines et du réseau. Le développement m'a aussi fait de l’œil mais j'ai rapidement compris que je ne voulais pas coder toute ma vie, c'est trop rébarbatif pour moi et je m'en lasse. Ce que je dis là n'a rien de négatif, les goûts et les couleurs... J'ai continué deux ans pour obtenir un BTS Informatique de Gestion option ARLE (=SIO maintenant), en effet il existait une autre option (DA, développeur d'applications) pour ceux qui préfèrent le code. J'ai pu acquérir toutes les notions de réseau, tcp/ip, modèle OSI ou encore me rapprocher un peu plus des OS GNU/Linux.

Je ne vais pas dire que je n'ai rien appris, mais c'était très facile car c'était une passion et on ne se rend même pas compte que l'on apprend de nouvelles choses. J'ai passé de BTS dans une école privée car plus de place dans le public, et c'est pourquoi je vous invite à postuler systématiquement dans le public. Le monde privé coûte très cher et il était synonyme pour ma part d'un gros manque de moyens matériels... Quelques profs ont essayé de me décourager durant ce BTS, et j'ai tout misé sur l'informatique avec les coefficients pour obtenir mon BTS. Et j'ai finalement eu raison, j'ai eu mon BTS haut la main. Pour l'anecdote j'étais le seul de la promo à avoir eu le diplome (quand je vous dis d'éviter le privé...).

udg

Une fois mon Bac+2 en poche j'ai sondé le marché de l'emploi et j'ai vu que la majorité des jobs demandaient un bac+3. J'ai décidé de m'orienter vers une licence pro Réseaux et Télécommunications spécialité "Réseaux sans fil et sécurité" (RSFS) à l'IUT1 de Grenoble. J'ai effectué cette licence pro en alternance d'un métier de sysNetAdmin dans une université (en tant que salarié donc et pas étudiant). Cette formation a été pour moi de loin la meilleure, on rentrait vraiment dans le vif du sujet et sur des choses proches du monde de l'entreprise. C'est là qu'on a pu monter de l'AD et des GPO (2003 à l'époque), installer un serveur web sous CentOS, créer un routeur Cisco OSPF sur le réseau RENATER et jouer avec les ACLs, péter des clés WEP (bon là j'avoue que je jouais déjà avec BackTrack, Tropix et Slackware depuis un moment). J'ai aussi appris comment fonctionnait les réseaux mobiles (stations de base), comment se propage la fibre optique... et aussi des cours de sécurité. J'aurai aimé en avoir plus, dommage. Les matières qui étaient lourdingues c'était la physique en télécom avec des calculs de plusieurs pages.

Le thème de mon mémoire était : mise en place d'un Réseau sans-fil avec portail captif. Après avoir comparé de tonnes des solutions c'est pfSense qui est sorti vainqueur... un portail captif aux couleurs de l'université et basé sur un serveur radius (logins des étudiants) qui filtrait les URLs sur la liste de toulouse... la passion pour pfSense était née!

Le rythme était très chargé, quand vous êtes supposé être en vacances vous allez en entreprise... et bien souvent quand vous êtes en cours le boulot s'empile dans l'entreprise. En ajoutant les partiels, le mémoire... c'est compliqué mais ça ne dure qu'un an.

Interlude franco-français

Sachez que plus vous continuez dans vos études plus vous vous spécialiserez et les matières un peu lourdingues disparaissent peu à peu. Donc si ça peut vous motiver à continuer vos études, faites-le le plus longtemps possible.

Le système français recrute en fonction du diplôme. Quand vous postulez vous tomberez dans une grille de salaire, dans laquelle on va mettre vos diplômes et votre expérience. Si vous avez les capacités de faire un Bac+5 mais que vous préférez commencer à travailler c'est une grossière erreur.

Continuez vos études !

Ce n'est pas forcément très visible sur le premier job mais ensuite cette différence est très marquée. Que vous ayez un Bac+3 et bien plus de compétences qu'un guignol qui aurait Bac+5 vous serez de toutes façons moins bien payé que lui. Vous êtes prévenus, maintenant faites ce que vous voulez.

telecom

La licence pro est une licence qui théoriquement ne permet pas de continuer vos études. Tous les profs vous diront ça, mais ce n'est pas complètement vrai. En réalité il y a un pourcentage d'étudiants qui continuent vers un Bac+5 pour devenir ingénieur. L'éducation nationale insiste auprès des établissements pour qu'un minimum d'élèves poursuivent leurs études car s'ils sont trop nombreux ils menacent la fermeture de la licence pro. Mais rien ne vous empêche de le faire 🙂

Après l'école

Après l'obtention de ma licence pro Réseaux et Télécoms j'ai commencé à chercher un job. La plupart des annonces sont décourageants car elles demandent "1 à 3 ans d'expérience", mais n'hésitez pas à postuler. Si comme moi vous apprenez en autodidacte ces arguments peuvent faire mouche lors d'un entretien. De mon côté j'ai pu approfondir GNU/Linux grâce à un projet d'hébergement libre (Espace-Gratuit devenu EG-Hosting ensuite), on avait un serveur GNU/Linux qui tournait sur une ligne ADSL club-internet avec plusieurs centaines de sites dessus. Quoi de mieux pour apprendre à monter un serveur web, email, un panel en PHP et optimiser la bande passante avec des gardes-fou ? J'avais aussi plusieurs sites à mon actif, pas toujours très esthétiques mais très fonctionnels, et ça me permettait de rester proche du code pour le mettre sur mon CV.

Pour l'anecdote quelques mois avant de commencer ma licence Pro Blogmotion naissait... il y a presque dix ans !

Premier job à temps plein

Mon diplôme en poche je m'inscris à Pole-Emploi (ANPE à l'époque) pour être sur les listes de demandeurs d'emploi, tout en sachant que l'alternance ouvre droit à une indemnisation chômage de quelques centaines d'euros puisque j'étais salarié. Je postule à des dizaines d'offres, principalement sur le net (lesjeudis, apec, rhonealpesjobs...) et j’essaie d'être très réactif. Aujourd'hui il y a beaucoup d'offres sur leboncoin et les metamoteurs comme jobijoba ou indeed.

J'obtiens une réponse sur une offre qui me correspond, je postule et je me rends à l'entretien qui se passe très bien. Ce poste m'intéresse vraiment ! A la sortie je croise un autre prétendant au poste, 10 ans de plus que moi et je me dis que l'expérience va encore me jouer un tour... Mais quelques jours plus tard la nouvelle tombe je suis embauché en CDI comme Administrateur Systèmes et Réseaux dans une grosse SSII française. L'équipe est avenante et n'a aucun souci à embaucher une personne qui sort de l'école.

1erjob

C'est là que j'ai fait mes armes, j'ai découvert les "vrais" serveurs, ceux qui sont rackés dans des baies informatiques. Une partie de mon job consistait à faire de l'assistance de proximité : mouvement des postes, installation, dépannage, masterisation (merci ghost sur un CD bartPE!). L'autre partie consistait à gérer l'infrastructure de serveurs pour plusieurs centaines d'utilisateurs.

Cette deuxième partie s'est rapidement imposée sur l'autre. Infrastructure AD, partage de fichiers mais aussi beaucoup de GNU/Linux avec des serveurs DHCP, Apache, SVN, FTP, des sauvegardes, du firewalling (checkpoint, iptables) avec pfSense que j'ai fait entré petit à petit dans la société (version 1.x à l'époque). Côté réseau des switchs, routeurs, transceivers et c'est là aussi que j'ai appréhendé le monitoring avec Nagios puis Centreon et Cacti.

J'étais dans un environnement très varié et j'ai pu voir énormément de technos. Windows mais aussi GNU/Linux, AIX ou encore Tru64. Partout ou je trouvais des tâches récurrentes j'essayais de compresser le processus avec des scripts et des interfaces en PHP, perl, bash, powershell...

L'arrivée de la virtualisation a considérablement fait évoluer le métier. Fini les pannes du lundi matin ou le RAID s'est vautré pendant le weekend... je me souviens encore de quelques semaines à remonter un serveur de prod à partir de zéro... et quand tu n'es pas celui qui a réalisé la première installation tu rigoles... mais pas longtemps.

Je suis resté 7 ans sur ce poste, que j'ai du quitter (à contre-cœur) pour des questions de réorganisations nationales. C'est l’inconvénient de travailler dans une grosse structure, il y a très peu de considération de l'individu, tout le monde n'est qu'un matricule et votre N+2 (le chef de votre chef) ne sait même pas qui vous êtes. C'est pour ça que si la passion ne vous anime pas, vous ne tiendrez pas longtemps. La seule chose qui compte c'est l'ambiance et vos collègues dans ces sociétés géantes.

note : ah oui, quand je suis parti 30 pare-feux tournaient sur pfSense, pour isoler certains projets du réseau global. Voilà pourquoi je vous parle souvent de pfSense, je l'ai largement mis à l'épreuve et niveau stabilité et sécurité je n'ai rien à redire

Deuxième job

C'est mon job actuel, en éliminant les erreurs de parcours dues à un GPS probablement mal calibré (Galileo n'était pas encore là^^). Un changement de job doit s'accompagner d'un changement de salaire, alors n'hésitez pas à revoir vos prétentions tant qu'elles sont en phase avec le marché.

Aujourd'hui je suis toujours Administrateur Systèmes et Réseaux, avec un wagon supplémentaire : la sécurité informatique. Ce domaine est de toutes façons omniprésent quand il n'est pas explicité dans l'intitulé du poste. La sécurité des machines dont je m'occupe a toujours été une priorité pour moi. J'ai toujours patché dans la journée quand une faille est découverte, et c'est pourquoi je vous en parle régulièrement sur BM. Je me souviens