lordk1, lecteur du blog, nous propose aujourd'hui un billet invité sur le thème de plex.

Depuis plusieurs mois maintenant, j'ai entrepris d'auto-héberger les services internet dont je me sers le plus.

plex-logo

Les raisons sont les mêmes que celles de toute personne qui souhaite s'auto-héberger : être maître de ses données/services, ne plus s'offrir aux grands d'internet (GAFAM), découvrir et apprendre en installant et paramétrant le tout...

Pourquoi choisir Plex

J'ai d'abord commencé par tester des solutions "tout en un" telles que CozyCloud, SandStorm ou YunoHost. Si chacune d'elle a ses avantages et inconvénients, aucune ne m'a pleinement satisfait et ne pourra me suffire seule. Mais tout cela fera l'objet d'un autre article à venir.

Ce que je peux dire, c'est qu'un des manques de toutes les solutions que j'ai pu tester était le même : la gestion du multimédia. J'aime écouter de la musique en travaillant, voire regarder un épisode de série durant mes pauses, et aucune solution testée ne proposait quelque chose de convaincant dans ce domaine.

Après quelques recherches, j'ai testé plusieurs produits répondant à ce besoin, ainsi qu'à plusieurs prérequis :

  • Être simple à mettre en œuvre ;
  • Être open-source ;
  • Pouvoir cohabiter avec les autres services auto-hébergés sur mon serveur ;
  • Indexer mes fichiers sans les recopier dans une base de donnée ;
  • Permettre une forme de partage (que ma femme puisse accéder elle aussi au serveur, avec son propre compte).

Et parmi les diverses possibilités testées (Subsonic, Ampache, etc.), il y en a une qui a retenu mon attention plus que les autres : Plex.

plex-interactions

Pourquoi lui plutôt qu'un autre ? Pour simplicité d'installation et de configuration, ainsi que pour la qualité de son interface, et ce sur toutes les plateformes. Plex se décompose en deux éléments : le PlexMediaServer, à installer sur un serveur, et les clients, qui pourront se connecter à un ou plusieurs serveurs.

L'installation du serveur

Si le serveur est totalement open-source, ce n'est pas le cas des différents clients fournis par l'éditeur. Ils expliquent cela par l'utilisation de certaines technologies fournies par leurs partenaires tels que Sony ou Microsoft (les clients Plex sont disponibles sur PS3 et PS4 ainsi que sur Xbox360 et XboxOne). Chacun se fera son idée là dessus.

L'installation est simplissime, et peut se faire sur un nombre très correct de plateformes, toujours avec la même aisance. Le serveur est ainsi disponible pour Windows, Linux (seuls Ubuntu, Fedora et CentOS sont supportés de manière officielle, mais le serveur est compatible avec Arch ou Debian sans soucis), Mac, FreeBSD, ainsi qu'un grand nombre de NAS. Un container pour Docker est aussi maintenu de manière officielle. Bien entendu, la machine support devra fonctionner de manière continue. L'installation sur votre PC courant n'est envisageable que si vous le laissez fonctionner même quand vous ne vous en servez pas.

Quel que soit le système support choisi, les étapes sont courtes et ne demandent que peu, voire pas de connaissances poussées : un simple .exe pour Windows, une archive à décompresser pour Mac, une ligne de commande pour Linux. Dans mon cas, sur une Debian, et après avoir téléchargé le .deb à jour :

La commande se lance en avec les droits superutilisateur grâce à sudo, et crée un utilisateur plex durant la procédure. C'est tout pour l'installation du serveur.

La configuration du serveur

Une fois le serveur installé, la configuration se fait dans une interface web, accessible par l'IP de votre serveur sur le port 32400. L'accès pourra se faire simplement si votre poste est sur le même réseau que votre serveur. Il faudra mettre en place un tunnel SSH si vous y accédez via internet. Là encore, tout est expliqué sur le site, de manière précise et concise.

La première étape sera la création d'un compte Plex. Si, d'après ce que j'ai lu et vu, cette étape est facultative, elle est tout de même extrêmement recommandée. Sans compte Plex, le service perd ses avantages face à un Ampache, voire même un Kodi.

plexe-basic-setup

Une fois le compte créé, il faudra donner un nom au serveur (par défaut le nom de machine), puis ajouter des bibliothèques de médias.

plex-nouvelle-biblio

Comme vous le voyez, on peut ajouter des films, des séries et de la musique, mais aussi des photos et vidéos personnelles. A noter que pour que le logiciel reconnaisse les œuvres importées dans la bibliothèque, il faudra que ces dernières comportent les tags corrects, ou qu'elles soient nommées en suivant une certaine norme.

Dans le cas d'un serveur sous Linux, l'idéal reste de monter les partages réseaux contenant les fichiers multimédias, puis de renseigner les chemins de montage dans l'interface. Le serveur va se charger de faire une première reconnaissance, et les miniatures ne tarderont pas à apparaître.

Bien que le principal intérêt de Plex sur d'autres solutions comme Ampache soit l’accessibilité, les options proposées sont nombreuses, bien présentées, et très suffisantes.

plex-menu

Le premier écran permettra de changer le nom du serveur, de le lier à un compte Plex (afin de rendre accessible toutes les fonctionnalités annexes) ou de vérifier les mises à jour.

plex-general

Pour tous ceux dont la connexion est un peu faible (moins performant que du VDSL), l'écran accès à distance sera très utile. Vous pourrez en effet y définir une limite de débit ascendant. C'est aussi ici que vous devrez aller pour rendre votre serveur accessible depuis internet (nous ne parlons pas ici des réglages possibles dans votre routeur).

L'écran des agents vous offrira la possibilité de prioriser les sources à utiliser pour l'identification de vos fichiers (tags locaux, Fanart.tv, TheTVDB, etc.).

Les chaines peuvent être vues comme les plugins de Kodi. Elles permettent d'accéder à des médias qui sont indisponibles de manière native. Force est de constater que les chaines ne sont pas le point fort de Plex. Peu sont développées, et parmi celles-ci, les chaines françaises sont bien trop rares.

Pour tous ceux qui sont sensibles à la sécurité, l'écran réseau sera indispensable. Vous pourrez y ajouter un certificat de sécurité, ou encore y définir les plages d'IP pouvant se connecter sans authentification à votre serveur.

Un des avantages de Plex est de permettre de lire vos fichiers multimédias sur des plateformes qui ne le peuvent normalement pas, en transcodant à la volée le fichier source dans un format compatible. Cette opération se fait du côté serveur (d'où la nécessité d'avoir un processeur correct), et nécessite la configuration d'un dossier de travail, sur lequel l'utilisateur plex devra avoir les droits complets. Les autres paramètres sont corrects par défaut, inutile de les modifier sans raison valable.

plex-transcodage

L'interface vous donnera aussi l'occasion de préciser quelle langue a votre préférence lors de la lecture de fichiers contenant plusieurs pistes audio ou des sous-titres.

Comme déjà dit, une grande diversité de périphériques bénéficient d'une application Plex officielle. Pour les quelques cas particuliers, pas d'inquiétude. Plex comprend un serveur DLNA, qui permettra d'accéder aux données avec un amplificateur audio/vidéo ou une box TV.

Le restant des options porte sur la mise à jour automatique des bibliothèques (planification ou déclenchement sur modification), sur les tâches planifiées (sauvegarde, purge, etc.) ainsi que sur les logs, bien utiles pour obtenir de l'aide auprès de la communauté en cas de problème.

Utilisation

Pour utiliser votre serveur fraîchement installé et paramétré, rien de plus simple.

Vous pouvez au choix :

  • Vous rendre sur l'interface web via l'IP de votre serveur en local ;
  • Vous rendre sur le site plex.tv, et retrouver l'interface de votre serveur une fois logué ;
  • Utiliser une application Plex, que ce soit sur tablette, téléphone, PC, Mac, Smart TV ou console de jeu.

plex-web

Plex gère bien entendu la liste de lecteur courante et les listes de lecture enregistrées (qui permettent un mélange de vidéos et de musique).

Et là où Plex se démarque des autres (et ce qui explique le besoin d'un compte, aussi) c'est qu'il permet de transférer la lecture d'un client à un autre. Vous êtes en train de regarder un film sur votre PC, et vous souhaitez aller passer un peu de temps dans un endroit où l'on va en général tout seul ? Ouvrez l'application Plex sur votre tablette, et reprenez votre lecture où vous vous en étiez arrêté (ndlr : comme le propose netflix). Et une fois votre pause terminée, d'un simple clic, transférez la lecture vers n'importe que client à votre disposition.

plex-android

Personnellement, j'utilise ce système avec mes différents PC (fixe, portable, pro) mais aussi avec mon téléphone, une Raspberry Pi installée sous Rasplex et un Chromecast. C'est vraiment confortable, et vraiment accessible.

La version payante

plex-pass

Vous le verrez à l'usage, Plex vous encourage à passer en version payante. Souvent même. Mais les avantages de la version payante ne sont pas utiles à tous.

On en retiendra tout de même quelques uns :

  • La gestion des comptes invités, qui peuvent se connecter à votre serveur et profiter par la même occasion des avantages de votre version payante. Vous pouvez aussi, à des gens de confiance, donner les identifiants de votre compte Plex ;
  • Toutes les fonctionnalités de l’application mobile (Android etIiphone), y compris pour les invités. Ces fonctionnalités peuvent aussi se débloquer en achetant l'application sur les marchés correspondants. Pour le coup, l'application mobile bridée ne permet pas de lire des médias en local. Uniquement de parcourir les bibliothèques et de lancer la lecture sur un client (Chromecast, RasPlex, etc.). C'est la seule dépense dont on ne peut à mon sens pas se passer (moins de 5€ sur le Play Store) ;
  • La synchronisation mobile (très utile) ou dans des services de cloud (contraire à la démarche qui m'a amenée ici) ;
  • L'upload automatique des photos et vidéos de vos appareils mobiles sur votre serveur ;
  • La fonction d'enregistrement.

Vous comprendrez donc que, mis à part l'application mobile débridée, que vous pouvez obtenir autrement, le PlexPass ne sera pas une absolue nécessité. Il ne faut cependant pas oublier que ce pass est la seule source de revenus des développeurs de Plex. J'ai fait le choix de m'en offrir un à vie, et je ne le regrette pas.

Conclusion

Plex est une solution réellement bien pensée, qui ne cesse d'évoluer depuis sa création, et qui permet un confort redoutable pour tous ceux qui aiment un media-center de qualité. Entre l'interface léchée, l'accès permanent aux médias et le fait que tout cela soit auto-hébergé, c'est un changement depuis Kodi que je ne regrette pas.

Les quelques soucis de démarrage ont tous trouvé leur réponse auprès de la communauté (plus active en langue anglaise qu'en français), et j'ai aujourd'hui un service qui non seulement répond à mes attentes et m'a aussi proposé des fonctionnalités dont je pense ne plus pouvoir me passer désormais.

Tentez l'expérience, à part un quart d'heure à installer et paramétrer, vous n'avez rien à y perdre, et tant à y gagner.

note de xhark : merci lordk1 pour ce billet très complet ! si j'ai souvent entendu parler de plex il est vrai que j'ai toujours privilégié kodi à la maison, sûrement parce que l'aspect payant de plex me rebutait un peu. Mais force est de constater que plex s'installe de plus en plus dans nos foyers

Auteur : lordk1

Informaticien touche à tout. Passionné de nouvelles technologie, qui aime tester tout ce qui lui passe entre les mains.